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Les Graviers de Nsiamfumu

Nsiamfumu, les graviers s'activent à la tâche...

Nsiamfumu, les graviers s’activent à la tâche…

Savent ils les « Graviers » qu’ils sont bénits ? Dans la tradition africaine en général, l’Océan est bénit. Aller à l’Océan sans revenir avec une bouteille de cette eau salée, bénite entre toutes les eaux, quel affront. Une manière aussi de dire que l’eau bénite venue de Rome, et qui remplaça la matière sacramentelle qu’utilisait le lignage Kinsaku, entre autres,  pour  sacraliser de grands événements on y croit, mais !. De plus dans ce territoire de Muanda, Nsiamfumu a vécu, la traite des esclaves, le commerce des Africains, à partir d’une de ses plages. Ce qu’amenaient les hommes venus d’ailleurs n’étaient pas en adéquation avec les évangiles. Les agissements souvent inhumains et dégradants des missionnaires contredisent leurs bonnes proses, leurs paraboles, leurs versets, leur morale.

« Les Graviers » autrement dit, les hommes qui extraient le gravier de l’Océan dans des petits paniers d’osier, du volume d’un sceau. Ils s’emploient à leur labeur dès le levé du jour, vers 5,30 heures, pour s’arrêter dès que la tâche du jour est atteinte.

 

Avant le fin de la journée….

Fin de journée, les tas de gravier sont remonté en haut de la falaise

Fin de journée, les tas de gravier sont remonté en haut de la falaise

Ils ramènent ainsi l’équivalent de 5 à 10 fût de 200 litres par jour de gravier. Ce dernier,  est d’abord ramassé pour être déposé sur la plage au bas des falaises. Ensuite, en fin de journée, les petits tas sont remonté en haut, sur la terre ferme par tout le monde. Enfants y compris.

Le gravier sera ensuite acheminé vers la ville de Muanda pour y être utilisé pour le béton de construction. La ville de sable se remplit de maisons nouvelles. Si le pundu n’est pas cultivé, si la salade manque, les habitations poussent à coup de billets verts venus de la capital. Venus de Kinshasa.

C’est un travail dur, mal rémunéré, mal organisé, c’est l’article 15 encore une fois qui prime sur le reste. Il faut manger, payer le minerval, il faut vivre. Le fut de 200 litres est vendu entre 5 et 12000 francs congolais de 5 à 15 $ US. Pêcheurs, arrières petits fils et fils de pêcheurs, ils se recyclent. C’est que le poisson manque. Ou plutôt, que les moyens manquent à une exploitation de  pêche organisée.

Au large, les chalutiers Angolais, mais aussi Coréens pêchent dans les eaux congolaises. C’est donc avec des pirogues que les pêcheurs s’en vont au delà de l’horizon. Pour plusieurs jours quelquefois. Quelquefois, la pêche est détournée et les bateaux au loin approvisionnés de trafics divers du poisson fruit du troc. Troc en tout genre.

 

 

 

Il faut porter, porter encore...

Il faut porter, porter encore…

 

Aller-retour, la mer ne donne pas que du poisson ....

Aller-retour, la mer ne donne pas que du poisson ….

A force de bras ...